Les belles histoires du Guardian Data Blog

20/09/2014

Facts are sacred« Les commentaires sont libres, mais les faits sont sacrés » (« Comments are free, but facts are sacred ») : Charles Prestwich Scott, éditeur quotidien britannique The Guardian, rédigea en 1921 ce qui devait devenir la devise du Guardian Data Blog, un espace en ligne entièrement dédié aux données et à leur analyse. Lancé en 2009, cet espace éditorial montre à quel point le monde des données façonne le réel. Simon Rogers, aujourd’hui data editor chez Twitter, a largement contribué à cette aventure journalistique, qu’il raconte dans « Facts are sacred » (non traduit).

D’abord une histoire

Le propos de l’auteur porte sur le datajournalisme et sur ses applications pratiques, « une collection d’histoires ». Le journalisme de données n’est pas une pratique neuve mais le développement d’outils en ligne, gratuits et accessibles à tous, combiné au phénomène de l’open data (ou de libération des données) ont contribué à rendre le genre populaire. « Le journalisme de données n’est pas lui-même en train de changer, il change aussi le journalisme », observe Simon Rogers, pour qui le datajournalisme, c’est « 80% de transpiration, 10% de grandes idées et 10% de ‘sortie’ (output) ».

La visualisation, pas une fin en soi

Par contre, souligne-t-il, il ne s’agirait pas de réduire le journalisme de données aux seuls graphiques et visualisations. Le datajournalisme, c’est raconter une histoire de la meilleure manière possible. « Parfois, cela peut être une visualisation ou une carte. (…) Parfois, publier les nombres est suffisant. » Surtout, le datajournalisme, c’est du journalisme. Si Simon Rogers reconnaît que la profusion d’outils gratuits facilite l’exercice du journalisme de données, il estime que « quand on a le temps, rien de bat un bon designer qui crée quelque chose de beau – et l’équipe graphique du Guardian produit de très belles visualisations pour le Data Blog ».

L’histoire du Guardian Data Blog, c’est le traitement des fuites publiées par Wikileaks sur l’Afghanistan, l’Irak et le « cablegate », ses faits d’arme. Mais c’est aussi celle de la vie sociale et politique au Royaume Uni. Et c’est une mise en perspective de l’information à travers des infographies soigneusement étudiées et que l’on retrouve en abondance dans ce (très beau) livre.

Voir aussi : What is datajournalism at The Guardian et les processus de datajournalisme au Guardian

(L.D.)

Simon Rogers. « Facts are sacred », Faber and Faber, 2013, 312pp.

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