Zones grises et boîtes noires : questions d’opacité et d’éthique

05/08/2014

Evil MediaIl ordonne, modèle, transforme. Le monde des machines, des bases de données et des algorithmes est puissant à bien des égards. « Evil Media » s’intéresse à leurs plus obscures facettes, à commencer par celles des manipulations et du contrôle qu’ils permettent, sans que leurs utilisateurs en soient conscients pour autant. Les auteurs de cet essai, Matthew Fuller et Andrew Goffey, estiment que la présence des médias dans la vie de tous les jours « est bien plus diffuse et étendue que ce que l’on imagine habituellement. » C’est pourquoi on ne peut plus aborder les médias sous le seul angle de la communication, estiment-ils. Les mécanismes à l’œuvre, dans la perspective d’un « mauvais média », s’opèrent à l’intérieur de « zones grises » et de « boîtes noires ». Aussi, les sciences computationnelles posent-elles de nouvelles questions éthiques au cœur desquelles se retrouvent les notions de transparence et d’opacité.

Les auteurs plaident pour une éducation à ces « mauvais médias », avec la difficulté de susciter l’intérêt du public, par exemple sur la manière dont sont conçues les bases de données et sur les relations que celles-ci entretiennent avec les algorithmes. « Comprendre les interactions de ces manipulations, établir les modes opératoires (…) commence à devenir crucial, ce qui présuppose une sensibilité accrue sur la manière dont ils fonctionnent. »

L.D.

Matthew Fuller et Andrew Goffey. « Evil Media », MIT Press, 2012, 235pp.

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